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Rencontre avec Michael Yacob, 23 ans

«J’ai été traité en Suisse comme un criminel»MICHAEL JACOB vignette

Michael Yacob a été emprisonné trois mois en Erythrée pour avoir prié pendant son service militaire. En Suisse, il n’a pas été beaucoup mieux traité puisqu’il a passé deux mois en détention administrative à Genève, avant d’être menotté et embarqué de force par quatre policiers à bord d’un vol spécial à destination de Milan. Son «crime»? Au nom des Accords de Dublin, Michael Yacob est considéré comme indésirable en Suisse. Mais en l’absence de toute perspective d’avenir en Italie, le jeune homme est revenu en Suisse avec la ferme intention d’étudier. «Depuis que je suis parti, je n’ai qu’une chose en tête: les études. On m’a coupé dans mon élan d’étudiant.»

Histoire de Michael Jacob (PDF)

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Rencontre avec Amar, 21 ans

 «Je n’ai pas risqué ma vie pour rien!»

AmAmar vignettear avait 19 ans lorsqu’il a été convoqué pour faire le service militaire en Erythrée. Mais sa mère, refusant d’abandonner un deuxième fils à un destin d’esclave du régime au pouvoir, l’a poussé à émigrer. Amar a travaillé un an à Khartoum, au Soudan, pour économiser l’argent du voyage. Il a ensuite été vendu d’une bande de passeurs à une autre comme une vulgaire marchandise, frôlant la mort dans le désert libyen. En Italie, Amar a rencontré des compatriotes qui dormaient dans la rue depuis des années. Même des réfugiés ayant un permis de séjour sont relégués dans des «ghettos», sans travail ni soins médicaux, explique le jeune homme, qui préfère mourir plutôt que de survivre en Italie sans perspectives d’avenir.

Histoire d’Amar (PDF)

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Rencontre avec Mohamed, 30 ans

«En Italie, la réalité est pire que tout ce que j’avais imaginé»

MohameMohamed vignetted a réussi à s’enfuir d’un camp militaire érythréen et à gagner le Soudan, où il a travaillé pendant un an pour payer son voyage. En plein désert libyen, il est tombé aux mains des rebelles et a vu nombre de ses camarades de route mourir de soif, de faim et d’épuisement.
En Italie, des policiers lui ont infligé des décharges électriques au taser pour le forcer à donner ses empreintes digitales. Il a vu beaucoup de ses compatriotes arrivés avant lui dormir dans la rue et mendier pour avoir à manger. Pourtant, les autorités fédérales et cantonales veulent le renvoyer à cet enfer. «Quand on reçoit une décision négative de la Suisse, on pense parfois que personne ne nous veut ici, confie Mohamed. Mais de voir tout le soutien que nous avons me donne le sentiment qu’il y a des gens bons sur la terre».

Histoire de Mohamed (PDF)

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Rencontre avec Mikili,

«Partir pour être SDF en Italie? Il n’en est pas question!»

MIKILE  vignette

M. a été emprisonné et tabassé en Erythrée pour avoir changé de canton et refusé de posséder une arme à la maison. Fuite vers l’Ethiopie, le Soudan, la Libye. Après avoir évité de justesse le naufrage en Méditerranée, il a tout fait pour échapper aux autorités italiennes de peur de finir dans la rue comme des milliers de migrant-e-s dans la péninsule. Mais les garde-frontière l’ont interpellé à quelques encablures du territoire suisse et lui ont pris les empreintes digitales… Au sinistre «jeu» de Dublin, Michele a donc perdu et doit reculer jusqu’à la case Italie. Mais le jeune homme est prêt à se battre pour rester en Suisse.

Histoire de Mikili (PDF)

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Rencontre avec Abraham,

«Les blessures du corps cicatrisent, mais pas celles de la tête»ABRAHAM vignette

Abraham a fui l’Erythrée après sept mois de service militaire. Sur sa route, il a vécu unvéritable calvaire. En Libye, aux mains des bandes de passeurs, il a connu la soif, la faim, le racket, les coups. Abraham et ses camarades ont assisté, terrorisés, au viol d’une des leurs, une jeune fille de 17 ans, par le chef des passeurs. Emprisonné dans une geôle libyenne, il a réussi à s’évader et à traverser la Méditerranée. Avec des compagnons de voyage, il a gagné la Suède par la route mais sa demande d’asile a été rejetée. Les autorités suisses veulent le renvoyer à Stockholm, alors qu’Abraham est traumatisé par ce qu’il a vécu et souffre de dépression. «Ma situation ne me permet pas de retrouver un équilibre pour laisser derrière moi toute cette souffrance. La nuit, j’ai peur que la police vienne me chercher.»

Histoire d’Abraham (PDF)

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